Absentéisme
- Lionel Leroi-Cagniart

- 27 avr.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 mai
On stigmatise à bon compte les soi-disant profiteurs du système. On regarde parfois plus facilement le salarié que le patron un peu voyou l'air de rien. Dans la réalité, le malade n'est pas toujours celui que l'on croit.
Pire que tout, les entreprises qui valorisent à coup de cadeaux infantilisants les salariés les moins absents. Pire que pire, les entreprises qui cachent la réalité des chiffres de l’absentéisme en demandant à leur personnel de santé (médecins et autres infirmiers du travail intégrés à la structure) de renvoyer au maximum les personnels victimes d’accidents du travail vers leurs médecins traitants ! En dernier recourt, il reste aux petits patrons et autres directeurs d’établissements publics (j’en témoigne) à virer le médecin du travail et d’en changer en espérant un professionnel plus souple ou sourd à la souffrance salariale. Ce genre de situations existe et elles sont à dénoncer. Malheureusement, en attendant un apaisement de ces pratiques, combien de laissés pour compte sacrifiés sur l’autel d’une belle image de façade et d’esprits tranquilles à bon compte ?
Plusieurs salariés d’ArcelorMittal et de ses sous-traitants racontent les menaces et les pressions qu’ils ont subies après leur accident du travail pour qu’ils retournent au plus vite à l’usine.
L’objectif ? Réduire les cotisations à l’URSSAF. Le risque pour les salariés : avoir de lourdes séquelles en interrompant leur convalescence.
Pascale Pascariello est allée à la rencontre de salariés ayant subi des pressions. Son reportage fait suite à une enquête publiée dans Mediapart.
Je ne pensais pas que je risquais de perdre ma jambe en allant au travail. La nuit encore, j’en fais des cauchemars, j’entends les machines de l'usine, j’en ai des sueurs
Benoît a 22 ans, il est peintre sableur pour un sous-traitant d’ArcelorMittal. En février 2018, il se retrouve seul sur un chantier pour travailler. Une sableuse de 150 kilos lui tombe sur la jambe.
On m’a proposé de reprendre le travail en poste aménagé. Je recevais entre huit et dix appels par semaine.
« Je n’imaginais pas que mon employeur puisse me harceler après mon accident. »
Benoît a enregistré un appel téléphonique prouvant les pressions subies. On y entend sa manager qui le pousse à reprendre le travail « pour sortir des stats ». Comprendre : les statistiques d’accidentologie. Olivier Tompa, agent de la Carsat, Caisse d’Assurance Retraite et de Santé au Travail, explique :
Chaque usine dispose d’indicateurs de sécurité calculés en fonction du nombre d’accidents du travail et de la durée de l’arrêt du salarié. Pour que ces taux restent bas, des entreprises demandent à leurs salariés de reprendre le travail en poste aménagé.
Plusieurs témoignages convergent, attestant que le cas de Benoît n’est pas isolé.
LA SUITE ICI sur le site de France Culture Durée : 28 minutes




Commentaires