L'accès au soin psychique en France

Dernière mise à jour : 2 avr.

Il est de plus en plus difficile d’accéder à des soins psychiques. Les Assises citoyennes du soin psychique en ont débattu les 11 et 12 mars 2022, à la Bourse du travail, Paris 3e. Extraits :

L’accueil, l’écoute, le soin des personnes en souffrance psychique restent ignorés par les pouvoir publics. Les patients souffrent de la discontinuité de leur prise en charge et de sa déshumanisation galopante. Signes manifestes de cette mauvaise pente ? Des psychothérapies en 8 séances, un surcroit de prescription de médicaments, une montée en force des techniques : conditionnement, éducation et rééducation adaptatives, stimulations cérébrales… Les patients doivent se conformer aux protocoles standardisés, enjoints à bien « gérer » leur « capital santé mentale », ce qui produit de la culpabilisation.

Les professionnels, de plus en plus contraints par les outils numériques sont amenés à devenir les « producteurs » de soins, dont le flux est soumis à une accélération et un turn-over imposé. Perte de sens et souffrance au travail assurées. Cela déstabilise la continuité des soins par essence nécessaire à toute construction individuelle et tout soin adapté.

Le champ du soin psychique spécifiquement humain est fondé par la conception dynamique du psychisme, par le savoir bio-médical, mais aussi l’anthropologie, la sociologie, la philosophie…

Depuis quatre décennies il ne cesse d’être soumis à une déconstruction des savoirs et des savoir-faire au profit d’enjeux strictement économiques orientés vers la privatisation de la santé publique et du champ social. Tous les métiers en charge de l’humain sont touchés.

Depuis 10 ans, le soin psychique s’est appauvri sous influence des lobbies porteurs des conceptions mécanistes du psychisme humain, soutenant des objectifs économiques hostiles à la temporalité des soins relationnels, institutionnels et à l’apport des conceptions psychanalytiques à la psychiatrie et au médico-social.

Le médico-social est progressivement vidé de sa substance pour se transformer en plateformes évaluatrices et discriminantes ou en équipes mobiles destinées à soutenir les enseignants censés désormais se charger des jeunes laissés sans soin. Les structures se transforment en dispositifs au nom d’une politique soi-disant inclusive et cachant mal ses objectifs économiques.

Des îlots de résistance et de créativité existent où c’est possible pour des soins intégrant les dimensions bio-psycho-sociales de la personne. De nouvelles initiatives pour prolonger la dimension relationnelle du soin tout en respectant la temporalité de chacun. Pour aller plus loin.


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