Le spectre de l'ubérisation

Dernière mise à jour : 22 mars

Dans les tendances actuelles, Alain Supiot (professeur au Collège de France, spécialiste en droit du travail) discerne le « retour d’une nouvelle forme de servage ». La révolution numérique étant le support technologique qui permet l’érosion des acquis sociaux des défuntes Trente Glorieuses.

L’instrumentalisation de la technique par le capital est une histoire ancienne, toujours renouvelée. « Par exemple, jusqu’à l’invention de l’éclairage artificiel, la limitation du temps de travail était donnée par la nature. Impossible de faire trimer la nuit ! ».

L’internet, les ordinateurs, les smartphones et GPS, techniques nouvelles autorisent et rendent opérationnelles et rentables les livraisons à domicile des pizzas industrielles, des dîners exotiques et tardifs. On a pu voir une publicité offrant à bon prix « le burger de minuit » pour fêtards fatigués. On peut donc se faire livrer la nuit et fort tard par des cyclistes véloces, souvent immigrés réputés « sans papiers »...

La technique n’est jamais neutre, les lecteurs de Jacques Ellul et Bernard Charbonneau le savent depuis longtemps. Pour Alain Supiot, rien n’est écrit quant aux usages de la technique : « Lorsque le progrès technique rend aussi possible ce qui était impossible, il incombe au droit, en tant que technique de l’interdit, de mettre le progrès au service des humains au lieu qu’il les détruise. » La suite sur le site d'Attac


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