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210 résultats trouvés avec une recherche vide

  • 984 000 personnes licenciées en France en 2022 selon la DARES. Une expérience redoutée économiquement, socialement et psychologiquement selon le psychologue du travail...

    Pour 54 % des Français, se faire licencier est plus effrayant que la mort... D’après le Baromètre IRSN 2023 (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) sur la perception des risques et de la sécurité par les Français, le pouvoir d’achat est le sujet le plus préoccupant pour eux (cité en premier par 36 % des sondés). Le licenciement vient réveiller la crainte de ne pas pouvoir subvenir à ses besoins primaires (se nourrir, se loger…). Enquête et interview de Dorothée Blancheton publié le 13 déc. 2023 à lire sur le site THE DAILY SWILE

  • Des étudiants interrogent sur la notion d'échec. Podcast

    "Nous sommes ravis de vous confirmer le rendez-vous pour l'enregistrement du podcast prévu demain à 16h." Yassine El Bejjaj "Il portera sur la perception actuelle de l'échec, mettant en lumière les différents aspects de cette expérience et cherchant à déconstruire les stigmates qui l'entourent. Ensemble, nous partagerons des idées sur la manière dont les gens devraient aborder l'échec, soulignant son potentiel formatif et les approches positives qui peuvent en découler. Votre point de vue sera essentiel pour enrichir cette conversation." Ecouter le résultat ici.

  • « On serre les dents, parfois ça casse » : accidents du travail non déclarés dans le BTP...

    Chaque année en France, entre 80 000 et 90 000 accidents du travail sont déclarés dans le secteur du BTP. Les chiffres réels pourraient être encore bien plus importants. Car tout pousse travailleurs et entreprises à ne pas tous les enregistrer. Antoine (prénom modifié) est ouvrier dans une entreprise de BTP du Nord de la France. L’an dernier, il s’est blessé au bras sur un chantier. Mais il n’a pas déclaré l’accident, sous la pression de son employeur. « L’entreprise nous harcèle presque par téléphone. Et si on déclare, ils nous font chier sans arrêt après », dit-il. Selon lui, son cas n’est pas isolé dans son entreprise. « Ils font tout pour passer les accidents en arrêt maladie. En échange, soit ils nous donnent de l’argent, soit ils nous paient les jours de carence. » Avec entre 80 000 et 90 000 accidents du travail déclarés chaque année, le secteur du BTP est l'un des plus risqués pour les travailleurs. Et comme le montre le témoignage d’Antoine, le chiffre réel pourrait être encore bien plus élevé. « Plein de gens m’ont raconté qu’on leur a demandé de rester à la maison en étant payés plutôt que de déclarer l’accident », se désole Matthieu Lépine, auteur de L'Hécatombe invisible. Enquête sur les morts au travail. La tentation de ne pas déclarer pourrait être encre plus aiguë pour les travailleurs intérimaires, ajoute le professeur d’histoire qui décompte depuis des années les accidents du travail mortels. « Quand on est intérimaire, on se dit que si on déclare un accident, on ne sera peut-être pas rappelé la prochaine fois », pointe-t-il. Intérim et précarisation... La suite sur le site Basta média

  • Comment fonctionne le compte professionnel de prévention ?

    Le compte professionnel de prévention (C2P) est géré par les caisses d’assurance retraite et de la santé au travail ou par la Mutualité sociale agricole sur la base des informations transmises par les employeurs. Le principe du compte professionnel de prévention (C2P) est de faire bénéficier les salariés d’avantages visant à compenser le caractère éprouvant de leur travail. Concrètement, les travailleurs exposés à un ou plusieurs de ses six facteurs de risques professionnels cumulent des points qu’ils peuvent échanger contre le financement d’une formation ou d’une reconversion professionnelle, d’un passage à temps partiel sans perte de rémunération ou de trimestres de retraite. Tout ceci nous semble largement discutable. En effet, ce C2P parait inventé pour éloigner ou fuir l'obligation de sécurité de résultat de l'employeur en terme de protection de la santé physique et psychique des salariés. (C'est nous qui soulignons). Vous pouvez lire la suite sur le site entrepreneurs.lesechos.fr

  • Cumuler des droits à congés payés pendant les arrêts maladie ? Ben oui, dit la Cour de Cassation

    C'est un changement majeur dans le domaine du droit aux congés payés en France. Trois arrêts de la Cour de cassation du 13 septembre 2023 obligent désormais les employeurs à fournir des congés payés pendant les arrêts maladie de leurs salariés même si cette absence n'est pas liée à un accident de travail ou à une maladie professionnelle. La Cour de cassation met ainsi en conformité le droit français avec le droit européen en matière de congé payé. Une mesure qui inquiète les entreprises. "La Cour de cassation a fait sauter la limite de temps pour le cas des salariés en arrêt suite à une maladie professionnelle. Par ailleurs, les salariés en arrêt pour maladie simple doivent aussi acquérir des congés payés durant toute la durée de l'arrêt de travail", explique Louise Peugny, avocate associée au sein du cabinet Voltaire Avocats. ..... Dans ce contexte, se pose la question de la prescription afin de savoir dans quelle limite de temps les salariés peuvent réclamer la pose ou le paiement des congés payés. "Dans un des arrêts du 13 septembre, la Cour de cassation indique que la durée de la prescription est de trois ans. Mais elle considère que le point de départ de ce délai de trois ans est l'expiration de la période légale ou conventionnelle au cours de laquelle les congés payés auraient pu être pris, à condition que l'employeur ait mis le salarié en mesure de prendre effectivement ses congés payés", détaille l'avocate. Concrètement, le salarié pourrait réclamer des jours de congés payés non obtenus durant des congés maladie sur toute la durée de la relation contractuelle, dans le cas où l'employeur appliquait le principe du code du travail français. "Cela reviendrait à faire de la demande de congés payés une demande imprescriptible. Un article d'Audrey Fréel pour DAF-MAG.FR

  • Les entreprises réservées sur la qualité de services de la médecine du travail

    Dans le cadre de sa convention nationale sur la médecine du travail de demain, GST (Groupement Santé au travail), un service de santé au travail interentreprises (SPSTI) a réalisé un sondage avec l'Ifop sur le thème « La médecine du travail, regards croisés salariés et dirigeants »*. Zoom sur l'état de la médecine du travail en France. ... Pour les RH et les dirigeants, une médecine du travail efficace consisterait en un suivi médical personnalisé pour le salarié (58%), une visite médicale dans les 30 jours après l’arrivée d’un nouveau collaborateur (52%), un accompagnement des services RH ou du chef d’entreprise sur la santé de leurs salariés (37%), ou encore une présence plus fréquente d’un médecin du travail dans les locaux de leur entreprise (28%). Charlotte DE SAINTIGNON pour la Gazette Normandie.

  • Stress au travail : un effet ricochet sur l'entourage.

    Délais serrés, ambiance délétère, salaire insuffisant : nos emplois sont riches en sources d'anxiété, qui peut faire des victimes indirectes. La psychologue américaine Maureen Perry-Jenkins a étudié, avec l'Université du Massachusetts, l'impact de l'environnement professionnel des parents sur le bien-être de leur progéniture. Selon elle, cet impact est réel sur la façon d'éduquer, mais aussi sur le développement des enfants. Entre autre... La suite sur le site de Slate.fr

  • Invalidité, incapacité, handicap, inaptitudes… Nouvelles règles pour la retraite en septembre 2023

    Il existe trois situations médicales dans lesquelles vous pouvez partir plus tôt à la retraite et/ou bénéficier du taux plein sur la retraite de base du régime général même sans avoir tous vos trimestres. À compter du 1er septembre 2023, ces régimes "de faveur" sont maintenus, voire améliorés. Pour Nicolas Strady, directeur des opérations du site mareformedesretraites.fr (entreprise de conseils privés et payants) "ces améliorations pour les personnes souffrant de difficultés médicales sont bienvenues et l'on peut anticiper qu'il y aura de plus en plus de départs anticipés, notamment en raison de l'inaptitude au travail". Invalidité, inaptitude: départ à 62 ans à taux plein Avant la réforme, si vous perceviez une pension d'invalidité ou que vous étiez reconnu inapte au travail, vous pouviez partir à la retraite à l'âge légal de 62 ans avec le taux plein, même si vous n'aviez pas tous les trimestres requis pour votre année de naissance. À compter du 1er septembre 2023, l'âge de départ à la retraite en cas d'invalidité ou d'inaptitude est décorrélé de l'âge légal de la retraite. Désormais, vous pourrez continuer de partir à la retraite à taux plein à 62 ans même lorsque l'âge légal de départ passera à 62 ans et 3 mois, puis 62 ans et 6 mois… jusqu'à 64 ans. Ainsi, en plus du taux plein, vous bénéficierez dans ces cas-là d'une possibilité de départ anticipé. Suite de l'article sur le site : Notre temps

  • Soigner le travail ou combattre les arrêts maladie ? La deuxième solution est un faux nez politique

    Autrement dit : Lutter contre l’explosion des arrêts maladie... et si on soignait le travail ? Qu’il existe des fraudeurs et des arrêts de complaisance ne fait pas de doute ! Qu’il faille les sanctionner est une évidence ! Mais croire que l’accroissement de l’absentéisme résulterait de la seule fraude, croire qu’il est soluble dans la sempiternelle mise en cause du « médecin accommodant » et du « salarié tire-au-flanc » n’est pas à la hauteur des enjeux. Pire, une telle action a tout de la manœuvre dilatoire visant à retarder encore l’ouverture du dossier du travail dans notre société au moment même où tout indique que le rapport des Français au travail est très abîmé, qu’ils le perçoivent de moins en moins comme un lieu de développement personnel, de sociabilité et de sens… Lire l'article en entier sur le blog Alternatives économiques

  • Christophe Dejours. Interview accordée à la Revue Pratiques.fr

    L'interview de Christophe Dejours intitulée : Le travail vivant réalisée en mai 2023 pour le N° 101 est accessible sur le site de la revue Pratiques.fr (Les cahiers de la médecine utopique) . De ses débuts d'étudiant à aujourd'hui, Christophe Dejours revient sur son parcourt de chercheur et retrace à grands traits son cheminement théorique. Chacun peut trouver là de quoi comprendre ce qui fait mal au travail aujourd'hui. Magistral ! Cet interview est reprend quelques éléments majeurs du livre de C. DEJOURS intitulé : LA PANNE, que vous pouvez trouver en édition de poche. A lire sur le site qui a besoin de soutien pour exister sans pub...

  • "Les Français ne sont pas flemmards". Ils ne travaillent pas moins que leurs voisins.

    Les Français dans le peloton de tête européen sur la productivité De manière plus flagrante encore, les travailleurs (qu'ils soient salariés ou indépendants) français font partie des plus productifs d'Europe, près de quinze points au-dessus de la moyenne européenne (114,8 contre 100 pour les Vingt-Huit). A lire sur le site du journal Le Monde Évidemment, ce n'est pas un monolithe, mais il y a quand même des caractéristiques que l'on peut retracer à partir d'études d'opinion. Elles montrent qu'il y a un fort attachement au travail des Français. C'est le paradoxe par rapport à ce qu'on a pu dire sur "les Français qui ne veulent pas travailler et c'est pour ça qu'ils s'opposent à la réforme des retraites". En fait, il y a un fort attachement au travail chez les Français. Il participe beaucoup à la construction de leur identité, et il y a aussi une déception par rapport au travail. C’est-à-dire que vis-à-vis de toutes ces attentes, on s'aperçoit qu'on a de moins en moins le temps de se donner à fond dans son travail et beaucoup de gens disent : "Je n'ai pas le temps, je n'ai pas les moyens de bien faire mon travail". Et c'est cette déception là qui, à la fois signifie tout l'attachement à son travail et le fait de se sentir pressurisés, de ne pas avoir les moyens comme typiquement, une infirmière dans un hôpital. L'intégralité de l'interview de Bruno Palier, directeur de recherche au CNRS sur le site de France Info Et le livre en question ici, aux Presses de Sciences Po Editions

  • BFMTV lundi 14 août 2023

    La veille du 15 août, les média s'interrogent : Quels sont les meilleurs moyens de déconnecter du travail en été ? Quelques questions en quelques minutes. Forcément trop courtes.

  • Les séniors à la peine.

    Fins d’activités précoces liées à un travail pénible. France Stratégie met en lumière dans une note d’analyse les 20 métiers ayant la part de sorties précoces de l’emploi la plus élevée : les conditions de travail fortement contraignantes sont, en partie, associées à un départ précoce pour raison de santé. Améliorer la soutenabilité du travail est un levier pour améliorer le taux d’emploi des seniors et la pénurie de main d’œuvre dans les secteurs en tension. La réforme des retraites a été l’occasion pour l’organisme France Stratégie placé auprès de la Première ministre de se pencher sur les départs en fin de carrière sans passage immédiat vers la retraite. Ces sorties précoces peuvent intervenir dès 51 ans et sont imputables à des raisons de santé, le chômage et tout autre type d’inactivité de personnes ayant renoncé à chercher un emploi et/ou s’occupant d’un proche dépendant. Le nombre de ces seniors ni en emploi ni en retraite (NER) est loin d’être marginal. Une étude de l’Insee publiée en mai 2023 montre qu’une personne sur six âgées de 55 à 69 ans est dans cette situation, le plus souvent subie : 45 % des personnes de 55 à 61 ans sont sans emploi pour une raison de santé ou de handicap, 19 % sont au chômage. La part de personnes ni en emploi ni à la retraite atteint 28 % à 61 ans. Un peu plus de 60 % des personnes NER sont des femmes. La suite sur le site des éditions Tissot.

  • Espérance de vie : six ans d’écart entre les cadres et les ouvriers

    Un Français âgé de 35 ans peut espérer vivre jusqu’à 81,4 ans en moyenne et une Française jusqu’à 86,6 ans, selon les données 2018 publiées par l’Ined. Ces moyennes cachent des écarts importants selon les milieux sociaux. Les hommes cadres peuvent compter vivre jusqu’à 84,7 ans, contre 79 ans pour les ouvriers. L’espérance de vie monte même à 88,5 ans pour les femmes cadres, contre 84,9 ans pour les ouvrières. L’inégalité d’espérance de vie entre cadres et ouvriers se situe à un peu moins de six ans pour les hommes et à trois ans et demi pour les femmes. Un chiffre quasiment identique à ce qu’il était dans les années 1970 et qui a très peu évolué depuis. Les chercheurs de l’Ined estiment que les cadres profitent en moyenne de deux années supplémentaires de retraite. Les inégalités d’espérance de vie entre milieux sociaux sont le produit de nombreux facteurs. La durée de vie dépend d’abord de la pénibilité physique du travail : les ouvriers travaillent dans des environnements beaucoup plus pollués, portent davantage de charges lourdes dans des postures difficiles à tenir, par exemple. La crainte de perdre son emploi contraint une partie des travailleurs à ne pas déclarer, ou plus tardivement, certaines maladies professionnelles. Ces inégalités tiennent aussi aux habitudes de vie des différents milieux sociaux, la consommation de tabac ou d’alcool par exemple, surtout chez les hommes. Enfin, les catégories privilégiées fréquentent davantage les médecins et accèdent plus facilement aux soins les plus coûteux de manière précoce ; alors que les catégories populaires valorisent l’endurance du corps et se soignent plus tardivement. Plus d'informations sur le site du Centre d'observation de la société.

  • Un salarié averti en vaut deux... Comment prouver le harcèlement ?

    En cas de harcèlement moral au travail : comment le prouver ? Est-ce le salarié qui doit apporter des preuves ou l’employeur qui doit prouver son absence ? La Cour de Cassation confirme lapidairement, le 22 mars 2023 (pourvoi n° 21-23.455) un arrêt de la Cour d’Appel de Versailles qui applique de façon particulièrement précise et exhaustive les règles de la reconnaissance, par la justice, du harcèlement moral. La difficulté des salariés pour prouver le harcèlement moral En l’occurrence, le dossier du salarié, Monsieur X, ne plaidait pas forcément en sa faveur. Il se plaignait d’avoir été harcelé par sa responsable hiérarchique au retour du congé maternité de cette dernière, alors qu’il l’avait remplacée pendant son absence. Il aurait alors réclamé la rupture conventionnelle. Ne l’ayant pas obtenue il serait tombé malade. Huit mois plus tard, il se faisait licencier pour inaptitude. C’est alors qu’il aurait saisi le Conseil de Prud’hommes pour demander la requalification de son licenciement pour inaptitude en licenciement nul au motif qu’il avait été harcelé. On pouvait donc craindre que le salarié au demeurant complètement débouté par le Conseil de Prud’hommes ne soit un manipulateur et c’est pourquoi il convenait d’examiner avec circonspection ses accusations de harcèlement moral. (Pour aller plus loin : Harcèlement moral au travail : quand et comment saisir la justice ?). Et pour lire la suite de ce magnifique article sur le sujet, vous pouvez aller sur le site de CADRE AVERTI

  • Atelier sur le travail au Cercle Dou Peis à Pompéjac (33730)

    Le travail, un plaisir et/ou une souffrance? Quels sont les impacts physiques et psychiques de la souffrance au travail ? Ces thèmes vous parlent ? Vous avez envie d'acquérir des outils pour retrouver votre pouvoir d'agir ? Venez profiter d'une série d'ateliers proposée par Lionel Cagniart-Leroi, psychologue du travail à Uzeste et Paris et nouvel adhérent du Cercle Dou Péis! 1 fois par mois, pendant 2h, à prix libre. Créés pour la plupart entre 1890 et 1914 (Le Cercle de l'Union des travailleurs à Bazas date de 1883), ces cafés associatifs gérés par des bénévoles se concentrent entre Landes girondines et Haute Lande, sans que l'on puisse affirmer qu'ils soient uniquement liés au développement de l'activité forestière... Une histoire intéressante à retrouver ici

  • LU Lettre aux ingénieurs qui doutent

    Un livre d'Olivier Lefebvre aux éditions L’Echappée paru en 2023. Une notre de lecture pour la revue PRATIQUES, Les cahiers de la médecine utopique, n° 102 sorti en septembre 2023 Pour Olivier Lefebvre, il semblerait que les ingénieurs creusent nos tombes en participant à ce que l’industrie pense avoir de meilleur à nous proposer. Toujours plus de technologie au nom de prétendus allègements, facilités, rapidités… Emu par le mouvement des gilets jaunes, troublé par les mobilisations pour le climat et par cette phrase de sa compagne : "De toute façon, tu ne l’aimes pas ton métier", l’auteur s’interroge sur ce qui le maintient là, où, au fond, (c’est le cas de le dire) il ne veut pas rester. Le discours des étudiants d’Agro-ParisTech en 2022 appelant à "bifurquer" et à ne pas rejoindre les "jobs destructeurs" lui a donné des forces. Et voilà qu’apparaît une dissonance cognitive qui se transforme en intention, en projet politique. Olivier Lefebvre travaillait à la conception de robots (véhicules) autonomes et côtoyait les bullshit jobs théorisé par David Graeber. Pourquoi les ingénieurs ne désertent-ils pas pour mettre leurs compétences au service d’autres logiques que celle de l’extension du capitalisme ? Olivier Lefebvre, a ressenti le malaise de la dissonance cognitive des complices bien payés et choyés par le pouvoir de la finance. Il n’y a pas que les ingénieurs qui supportent de telles expériences insoutenables. C’est une épidémie. On est bien partis pour s’embourber. La dissonance cognitive est un état de contradiction entre des idées ou des valeurs et un comportement. Une source de souffrance psychique. On cherche alors à réduire la contradiction selon le principe d’un besoin de cohérence. « Alors que les raisons de s’inquiéter de la dégradation de l’environnement sont toujours plus nombreuses et toujours mieux documentées, alors que les discours alarmistes ont envahi le paysage médiatique, les affaires continuent : le fameux "business as usual" domine toujours. » L’argumentaire rebondit sur les concepts d’aliénation, de soumission, de domination, de rapports de pouvoir, d’épanouissement empêché… quand ce n’est pas d’une révolte empêchée. Les gilets jaunes qui scandaient : « On est là ! » en attestent. Les revenus confortables des ingénieurs empêchent toute réflexion critique. Parfois le cynisme et à la mauvaise foi sapent les bases sur lesquelles pourrait se fonder une éthique. Pour Olivier Lefebvre, l’objectif n’est pas de faciliter la sortie de la cage dorée des ingénieurs, mais de compliquer la vie à l’intérieur de la cage, de générer la détestation du dedans. D’écailler la peinture dorée de leurs barreaux. D’amplifier la dissonance cognitive en dégradant le confort de la cage. Car chercher à convaincre que la liberté dans la cage n’est pas une liberté authentique, est voué à l’échec. Vaste projet politique Il faut démontrer que les arguments sur lesquels la dynamique de l’innovation technologique fonde sa légitimité sont fallacieux. Il faut convoiter des modes de vie soutenables, des utopies qui proposent de matérialiser le romantisme et non une romantisation du matérialisme (pour ne pas tomber dans une idéalisation des alternatives). Viser des formes d’autonomie matérielle et politique, des espaces libérés, des lieux d’expérimentations et de créations d’autres formes de vie. Il faut déserter d’une situation d’impuissance politique et d’une résignation à coopérer malgré soi avec le technocapitalisme. Rompre avec une trajectoire sociale censée mettre à l’abri du besoin. Il ne s’agit pas de déserter du "système", encore moins de la société, mais « d’euthanasier la bourgeoisie » pour le dire façon J. M. Keynes. D’où leur vient, à ces ingénieurs, la conviction qu’ils participent au bien-être de l’humanité, quand leur fonction nous précipite dans la gueule grande ouverte du néolibéralisme qui n’a que faire de l’avenir de la planète, sauf à justifier l’injustifiable en élaborant des raisonnements de greenwashing pour nous faire avaler des couleuvres et applaudir le pathétique spectacle d’une course en avant ? Et ce n’est pas le concept de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) qui remettra en cause la finalité de l’entreprise (ce qu’elle produit) ni le fonctionnement de l’économie… Car pendant que certains érigent des potences, d’autres calculent le coût des cordes. Si les vomissements ont cessé le jours où l’auteur a quitté l’entreprise, c’est bien le signe que son corps l’alertait quand son esprit se résignait à tenir encore longtemps. Lionel Cagniart-Leroi

  • Taylorisme : du mécanique au numérique et de la subordination collective à la personnalisée

    Le numérique nous entraîne dans un tourbillon de changements porteurs de modifications profondes de notre rapport au monde, au réel, à la société. Il véhicule une accélération fantastique de la réalisation de certaines catégories d’actes qui reculent les contraintes et restrictions liées aux limites de notre cerveau, de nos capacités cognitives, et de nos capacités physiques. Nous en retirons le sentiment d’être renforcés, agrandis, de disposer de potentialités démultipliées, mais nous ne nous rendons pas compte à quel point nous sommes dépossédés de certains des éléments les plus essentiels de nos vies. Lire l'excellent article de Daniel LINHART sur le site d'ATTAC

  • Ancien conseiller prud'homal, François Desriaux raconte une... évolution (?)

    "Aux prud'hommes, les problématiques liées à la santé au travail ont explosé". Rédacteur en chef du magazine Santé & Travail, François Desriaux nous gratifie d'une riche réflexion avec autant de maestria que dans ses éditoriaux du magazine Santé & Travail ! L'homme a occupé le poste de conseiller prud’homal pendant vingt ans. Il nous livre son constat sur l’irruption des problèmes de santé au travail. Selon lui, face à l’augmentation de la souffrance des salariés, leurs instances représentatives et l’institution prud’homale font défaut. A lire sans tarder sur le site vivamagazine.fr

  • Travail : perspectives d'améliorations

    Voilà une réflexion sur le travail, issue du site Les Surligneurs, média animé par des enseignants-chercheurs en droit (mais pas que, nda) qui se sont fixés comme mission de remettre le droit au cœur du débat public, à une époque où l’État de droit est dangereusement malmené. Au lendemain de l’adoption de la très contestée réforme des retraites et à l’aune de l’ouverture des négociations autour d’un “Pacte de la vie au travail” promis par Emmanuel Macron, ainsi que du débat parlementaire sur le projet de loi “plein emploi” prévu au mois de juillet, la question de la relation au travail est au cœur de l’actualité. Pour comprendre les enjeux liés aux grandes transformations du monde du travail, Les Surligneurs ont mené deux entretiens approfondis auprès de la sociologue Danièle Linhart et du juriste Franck Héas. A lire avant d'aller voir un psy du travail, pour gagner du temps...

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LIONEL CAGNIART-LEROI - Psychologue clinicien du travail
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