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210 résultats trouvés avec une recherche vide

  • Forfait-jours : le suivi de la charge de travail relève de l’obligation de sécurité de l'employeur

    L’employeur qui ne justifie pas avoir mis en œuvre les dispositions nécessaires de nature à garantir que l’amplitude et la charge du salarié en forfait-jours restent raisonnables, manque à son obligation de sécurité, signale la Cour de cassation dans un arrêt du 2 mars 2022. L'employeur est tenu de s'assurer régulièrement que la charge de travail du salarié en forfait jours est raisonnable et permet une bonne répartition dans le temps de son travail (C. trav., art. L 3121-60). Une carence sur ce terrain serait en effet susceptible de priver d'effet la convention individuelle de forfait, ouvrant droit pour le salarié à un rappel de salaire au titre des heures supplémentaires. Débouté en première instance et en appel, le salarié à l'origine de ce jugement, à obtenu que la Cour de Cassation fonde son jugement sur sa jurisprudence Air France relative à l'obligation de sécurité de l'employeur... Bref, le forfait jour n'autorise pas l'esclavage... Un rappel utile à consulter sur le site Liaisons Sociales Quotidien paru le 21 mars 2022.

  • Cumuler pension d'invalidité et salaire ?

    Selon un décret publié au Journal officiel le 26 février 2022, « un cumul intégral des revenus d’activité et de la pension d’invalidité » est possible « jusqu’à ce que » l’allocataire perçoive un « revenu disponible » redevenu « similaire à celui qu’il avait avant son passage en invalidité ». À partir du 1er avril 2022, de nouvelles règles vont s’appliquer à la reprise d’activité des personnes handicapées percevant une pension d’invalidité. Un décret permet le maintien complet du versement de cette prestation sociale « en cas d’exercice d’une activité professionnelle ». Les salariés ont droit à « un cumul intégral des revenus d’activité et de la pension d’invalidité jusqu’à ce que le revenu disponible de l’assuré redevienne similaire à celui qu’il avait avant son passage en invalidité », indique la notice du texte. Au-delà du plafond, une réduction de la pension est possible, à hauteur de la moitié des gains. La suite sur le site Dossier Familial.

  • Une extension du champ du DUERP par la loi du 2 août 2021

    Des dispositions législatives : Le renouveau du DUERP. Une extension du champ du DUERP par la loi du 2 août 2021. De nouveaux acteurs de l’évaluation des risques et la formation des préventeurs. Le contenu du DUERP défini par la loi. Obligation de mise à disposition, de conservation et de dépôt. L’information et la consultation du Comité Social et Économique sur le DUERP. Le site LEXplicite nous offre un peu de clarté.

  • La nouvelle définition du harcèlement sexuel. Une analyse du site LEXplicite

    Voici une analyse de la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 édictée pour renforcer la prévention en santé au travail. Avec une redéfinition de la notion de harcèlement sexuel, laquelle a été modifiée pour être partiellement harmonisée avec celle retenue par le Code pénal. LEXplicite nous régale de son approche.

  • Un pognon de dingue.

    Parution du n°96 de la revue PRATIQUES. Ce dossier s’est inspiré de la déclaration malencontreuse du chef de l’État qui « s’inquiétait » du coût, selon lui exorbitant, des aides sociales. Or, dans le contexte de paupérisation de la population, sur fond d’enrichissement des mieux nantis, les soignants subissent depuis des lustres un appauvrissement des moyens au lit du malade (personnel en sous-effectifs, mal payé, mal traité) assorti d’un transfert de ces moyens vers certains dispositifs et les métiers parasites qui vont avec (les cabinets de conseil). Les compétences de ceux dont c’est le métier sont mises au rancart (encadrement, formation, réflexion à partir du réel du terrain). L’innovation virtuelle est largement priorisée alors qu’elle ne produit que peu de progrès, surtout pas budgétaires, mais entraîne une régression de la qualité des pratiques et leur déshumanisation. « En même temps et quoi qu’il en coûte », les dépenses entraînées par les nouveaux métiers inutiles (codeurs, consultants, milices des Pass sanitaires), le recours à des mercenaires (médecins urgentistes vacataires payés à prix d’or, intérimaires éternellement de passage) semblent ne poser aucun problème. Pourtant, nous vivons un contexte inédit de fuite des médecins et infirmières qui refusent de faire de l’abattage ou qui sont épuisés physiquement ou moralement. Le service public est en train d’être liquidé sous nos yeux au bénéfice du privé lucratif avec toutes les dérives qui en découlent, tri des patients rentables, accès impossible pour certains pour des raisons financières et de disparition des médecins traitants dans certains territoires. Les « restes à charge » pour la population, le coût des complémentaires santé, les dépassements d’honoraires qui ont perdu le tact et la mesure, les consultations éclair à un seul motif nuisent à l’instauration d’une relation de confiance. Les salaires honteusement insuffisants des infirmières pour des conditions de travail de plus en plus difficiles finissent par éroder la motivation pourtant forte de ces professionnelles. Les laboratoires, dont le profit est l’objectif principal, assument sans vergogne le prix excessif de certains médicaments, pseudo-innovants, l’abandon de ceux qui ne sont pas assez lucratifs au profit d’autres à meilleur rendement financier, sur le dos de la Sécu et des patients. La lutte contre la Covid est à ce titre un exemple flagrant de ce qui nous mobilise. Les coûts de la recherche ont été financés par les États, les profits faramineux remplissent les poches des actionnaires de Big pharma… Y’aurait pas un problème ?… PRATIQUES, CAHIERS DE LA MÉDECINE UTOPIQUE, n°96, janvier 2022

  • Le spectre de l'ubérisation

    Dans les tendances actuelles, Alain Supiot (professeur au Collège de France, spécialiste en droit du travail) discerne le « retour d’une nouvelle forme de servage ». La révolution numérique étant le support technologique qui permet l’érosion des acquis sociaux des défuntes Trente Glorieuses. L’instrumentalisation de la technique par le capital est une histoire ancienne, toujours renouvelée. « Par exemple, jusqu’à l’invention de l’éclairage artificiel, la limitation du temps de travail était donnée par la nature. Impossible de faire trimer la nuit ! ». L’internet, les ordinateurs, les smartphones et GPS, techniques nouvelles autorisent et rendent opérationnelles et rentables les livraisons à domicile des pizzas industrielles, des dîners exotiques et tardifs. On a pu voir une publicité offrant à bon prix « le burger de minuit » pour fêtards fatigués. On peut donc se faire livrer la nuit et fort tard par des cyclistes véloces, souvent immigrés réputés « sans papiers »... La technique n’est jamais neutre, les lecteurs de Jacques Ellul et Bernard Charbonneau le savent depuis longtemps. Pour Alain Supiot, rien n’est écrit quant aux usages de la technique : « Lorsque le progrès technique rend aussi possible ce qui était impossible, il incombe au droit, en tant que technique de l’interdit, de mettre le progrès au service des humains au lieu qu’il les détruise. » La suite sur le site d'Attac

  • DUERP. Comment évaluer les risques ?

    A quoi sert le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels ? Quels risques évaluer ? Comment rédiger ce document ? Vous trouverez l'essentiel des réponses et informations sur le DUERP sur le site Juritravail.com Pour les racines du mal concernant les Risques (purement) Psycho Sociaux, il faudra approfondir, car c'est plus compliqué que l'approche habituelle qui regarde du côté de la matière, de la mécanique ou du chimique. Le psychique relève d'un type d'analyse plus délicat, car il touche au pouvoir d'organisation, chasse gardée des directions, souvent frileuses d'en débattre... C'est pourtant là aussi que le bât blesse quand une difficulté rencontrée se judiciarise et finit aux prud'hommes, voire à d'autres niveaux de juridictions.

  • Les dislocations contemporaines du travail

    Numérisation, organisations liquides et pénibilité mental... Souffrance, stress, burn out, risques psychosociaux… quel que soit le vocable retenu, les témoignages de salariés faisant état d’une montée en puissance de la pénibilité mentale du travail se multiplient depuis le début des années 2000. Comment expliquer ce phénomène ? Serait-ce simplement dû au succès de ces catégories d’analyse, aujourd’hui de plus en plus utilisées pour parler de son travail ? À des difficultés personnelles, relevant de la sphère privée ? À un manque de formation des salariés, qui ne sauraient pas s’organiser dans leur travail, prioriser leurs tâches, ni gérer leur stress ? Ou faut-il plutôt y voir un lien avec l’accélération des flux informationnels et les nouvelles formes d’organisation du travail qui accompagnent la « révolution numérique » ? Un article de Guillaume Tiffon

  • L'impact du télétravail sur la santé des salariés

    Avec la généralisation du télétravail et l’isolement des travailleurs durant les différents confinements, la question de la santé au travail est devenue la troisième difficulté rencontrée par les salariés français en 2021. Une étude, publiée ce jeudi 17 février, révèle que leur santé psychique et physique s’est dégradée depuis le début de la crise sanitaire. Quels principaux problèmes ont rencontré les salariés français en 2021 ? Dans la huitième édition de son baromètre sur les vulnérabilités des salariés, le spécialiste de l’accompagnement social Responsage met en lumière les principales difficultés auxquelles ont fait face les travailleurs l’année dernière. Initialement fondé pour accompagner les salariés ayant la charge d’un proche handicapé, le groupe a progressivement élargi son activité pour accompagner tous les salariés confrontés à des problématiques familiales, sanitaires ou financières. “Nous réalisons un accompagnement à 360 degrés à destination des salariés qui peuvent être fragilisés par certains facteurs, et ainsi limiter leur engagement auprès de leur employeur”, indique Joël Riou, fondateur et dirigeant de Responsage. Le baromètre 2022, qui porte sur l’ensemble des bénéficiaires de l’organisme, permet d’avoir une vision globale des fragilités des salariés, des sujets qui leur causent du tort ainsi que des profils des personnes vulnérables. Par Philippine Ramognino

  • Congrès National de la Sage-Femme Libérale,22 et 23 novembre 2018 à Auxerre

    Le Burn-Out, un concept fourre-tout ? Une intervention pour une approche pragmatique, mais aussi philosophique, afin que chacun et chacune des congressistes abordent la question selon sa sensibilité et son expérience dans un but de prévention. Télécharger le programme du congrès Télécharger le diaporama "Burn-out, un concept fourre-tout ?"

  • Arrêt de travail de plus d'un mois : comment reprendre sereinement ?

    Le retour au travail après un arrêt d'un mois ou plus est forcément difficile à négocier. On craint d'être mis sur la touche, de devoir batailler pour retrouver sa place, de ne pas être encore prêt à se confronter au monde du travail. Interview de Dorothée Duchemin, le 13/12/2021

  • Ne lâchons pas le travail !

    Pandémie de Covid-19, transition écologique, ubérisation de l’économie… Voilà des enjeux rarement pensés du point de vue de l’activité professionnelle et du quotidien des salariés. Dans cette tribune, Thomas Coutrot, Alexis Cukier et Julien Lusson, animateurs des Ateliers travail et démocratie invitent à faire entendre la cause du travail vivant dans le débat politique

  • Ils ont vécu le burn-out

    Témoignages et conseils pour se reconnecter à soi Virginie Bapt, Agathe Mayer Septembre 2020, 224 pages, 16,90€ - ISBN : 978-2-311-62370-3 10 histoires de burn-out et des conseils pour se reconstruire Leurs situations professionnelles et familiales sont très différentes, pourtant, ils ont tous vécu un burn-out au cours de leur carrière. Ce livre retrace leur parcours, de l’épuisement professionnel à la reconstruction. Chacun des 10 témoignages proposés est suivi du décryptage de leur thérapeute qui permet de comprendre les grands mécanismes en jeu dans le burn-out, tout en soulignant les spécificités de chaque individu. Ils offrent une diversité de regards sur ce qu’est le burn-out et sur les issues possibles. Un cahier pratique pour identifier les causes d’un burn-out, le prévenir et faire le point sur sa situation professionnelle enrichit les témoignages. Ce livre saura guider à la fois les personnes concernées par le burn-out, mais également leur entourage en quête de solutions.

  • Faute de médecins du travail, « des territoires sont dans des situations catastrophiques »

    Les salariés voient de moins en moins souvent les services de santé au travail. Faute de médecins et au gré des réformes, les visites n’ont cessé ces dernières années de s’espacer. Un projet de décret prévoit encore de limiter les visites de reprise après un arrêt maladie. Les ressources manquent. Ce qui pénalise les salariés et pèse sur les services de santé eux-mêmes, contraints d’exercer en permanence dans l’urgence. « Il y a des territoires qui sont dans des situations extrêmement catastrophiques, où il n’y a plus de médecins. Des entreprises de travail temporaire n’arrivent même plus à faire passer les visites d’embauche (appelées désormais des visites d’information et de prévention [VIP], NDLR)​, pourtant urgentes. Quand vous êtes intérimaire, sans ces visites, vous ne bossez pas ! » Alors que le gouvernement a présenté ce mardi 14 décembre le Plan santé au travail 2021-2025, force est de constater que la médecine du travail manque cruellement de bras, comme le rappelle Christian Expert. Médecin coordinateur, chef d’un service de santé professionnelle du secteur BTP dans les Alpes-Maritimes, il est aussi notamment vice-président de la branche accidents du travail de la Cnam et président adjoint de la CFE-CGC Santé au travail. Certes, cette spécialité n’est pas la seule en difficulté, mais elle peine particulièrement à séduire les étudiants en médecine… Et ce n’est pas sans conséquences pour les services de santé au travail. Vous fonctionnez en permanence en mode dégradé, toujours dans l’urgence. Vous êtes obligé de faire des choix. La crise sanitaire et l’adaptation permanente à de nouvelles règles pour protéger la santé des salariés ont aussi épuisé les équipes. Lire la suite sur le site Ouest-France

  • L'agressivité au travail, le harcèlement, la violence… Comment s'en prémunir ? Comment réagir ?

    Interview du psychologue du travail Lionel Leroi-Cagniart sur France2, Télématin, jeudi 25 octobre 2018. Interview à 7h20 rediffusée à 8h20 : à partir de 49 minutes 24 secondes.

  • Accidents du travail et maladies professionnelles : les entreprises régressent

    Explosion des risques psychosociaux, moindre connaissance des procédures, repli de la gestion administrative et financière des AT/MP… En 2020, les organisations marquent le pas dans la maîtrise des risques professionnels. Seul motif de satisfaction : une sinistralité générale en léger recul. Entre juin à septembre 2021, 305 entreprises implantées en France métropolitaine – représentant près d’un million de salariés – ont été interrogées par le réseau de cabinets d’audit BDO. Plusieurs enseignements précieux peuvent être dégagés, notamment le fait qu’une organisation sur deux a connu des arrêts maladie liés aux risques psychosociaux. Soit une progression de 15 %, après six ans pendant lesquelles seul un tiers des entreprises était concerné. En allant plus dans le détail, il apparaît que les ETI (74 %), et dans une moindre mesure les grandes entreprises (63 %), sont davantage confrontées à ces arrêts liés aux risques psychosociaux, contre quatre PME sur dix. Lire la suite sur le site www.focusrh.com

  • Olivier Delacroix : Bien-être au travail, par quels moyens ?

    Émission Partagez vos expériences de vie du 02 avril 2019. Invité d'Olivier Delacroix le 2 avril 2019 de 15h à 16h sur le thème du "Bien-être au travail, par quels moyens ?". Une série de témoignages : une salariée d'une entreprise dite libérée, un happiness manager, un chef d'entreprise et une personne en souffrance au travail… Écouter l'émission Intervention de Lionel Leroi-Cagniart à partir de 16 minutes et 25 secondes

  • Le soin ? De qui ? De quoi ?

    Prendre soin de soi par les deux bouts, le somatique et le psychique. Ne pas sacrifier l’un au bénéfice de l’autre. Ne pas souscrire non plus aux chants des sirènes et porter un regard sur le contexte, l’entourage, le cadre. Pas facile de rester en bonne santé. Au travail peut-être plus qu’ailleurs. Article paru dans la revue Pratiques Cahiers de la médecine utopique n°95, octobre 2021 : Le patient face au système de soin Depuis quelques années déjà, les propositions de massages, de bien-être, de sophrologie, de yoga en tous genres et autre coaching aux atouts fluorescents se multiplient. Un peu au rythme des vacances à la ferme, chambres d’hôtes isolées dans la nature, igloos, tentes et tipis à la campagne, sans parler des retraites en monastères. Pour fuir ? Se ressourcer ? Une ode à la naturopathie dans tous ses états. Et qui mène à quelques dérives. Mélangez un peu de grec et de latin, fabriquez de jolis petits mots qui disent à moitié ce qu’ils désignent et faites en sorte que des personnes accordent du crédit à votre tambouille. Restez dans les clous de la loi, ne soyez pas démasqués et tout ira bien. Pendant que fleurissaient des lieux et des services de ressourcement, que se développait une économie du soin et de l’attention, les pouvoirs publics s’intéressaient aux sectes. Les Mandarom fleurissaient dans les régions à l’ombre des vallées et des lieux perdus. La Miviludes annonçait veiller aux dérives sectaires. Mais avant qu’advienne la dérive, avant que surgisse l’abus de faiblesse, il faut bien que quelque chose dans la société fabrique un peu d’asthénie générale. « À quelque chose malheur est bon ». Suffirait-il d’un proverbe ? Sur le terreau des désespoirs prospèrent les croyances. L’église garantit le paradis. Les hommes promettent du résultat. Certains plus que d’autres avec les mots empruntés au lexique mystique. Le pompon est décroché aujourd’hui par ceux qui proposent aux abîmés des organisations du travail de se réfugier dans leurs gîtes et autres mas provençaux. Au programme : yoga, régime détox, marche à pied, caresse des arbres, recherche des énergies telluriques ou cosmiques, activités plus ou moins culturelles ou manuelles. Et manger des champignons ? Leur vocation affichée : retrouver la santé sans rien changer au monde du travail qui détruit, rend malade, estropie. Au sommet des bienfaiteurs autodéclarés, on trouve des investisseurs qui misent sur des cliniques spécialisées à fort potentiel pécuniaire, où pourront se réfugier les gueules cassées du travail. À la guerre comme à la guerre… Des chercheurs reconnus ont pourtant démontré que c’est le travail qu’il faut soigner pour garder la santé des travailleurs ou même sauver des vies. S’organisent donc des structures avec des services qui proposent de soigner l’homme plutôt que le travail. Se faisant, elles participent à un jeu de bonneteau en laissant penser que l’homme au travail est fragile, mal formé, inorganisé ou fainéant. Cette approche spécifique divise et renvoie le laborieux à des responsabilités individuelles pour mieux faire oublier celles de l’organisation du travail qui s’exprime dans un rapport de subordination renforcé. Se faisant, en brisant les repères d’une réflexion constructive, le pouvoir managérial pousse l’individu vers sa solitude. Par manque de moyen, le salarié ira au plus pressé, au plus prometteur et ne verra que le champ dans lequel il peut agir librement : lui-même, son corps et son esprit. Il consultera. Comme si le seul moyen de servir le capital était d’achever celles et ceux qu’on accuse de faiblesse alors qu’ils font tourner la machine économique. Pas d’inquiétude. On ne manquera pas de main-d’œuvre, ni de soldats. L’armée de chômeurs est là pour y pourvoir. La santé des travailleurs n’a jamais été le souci majeur de l’économie, qu’elle soit primaire, secondaire ou tertiaire. Dans son livre, Histoire de la fatigue, Du Moyen Âge à nos jours, paru aux éditions du Seuil en 2020, Georges Vigarello développe le rapport entre l’homme et son utilité qu’on a cherché à mesurer quand il s’est agi d’en tirer profit, de « performer » dirions-nous aujourd’hui. À l’époque, c’était déjà en lien avec les capacités humaines de production au travail. Maximiser les profits versus optimiser les efforts de l’homme sans le casser complètement pour qu’il rapporte un maximum dans un système corseté par les exigences économiques de ceux qui en tirent avantage. J’ai lu dans le mail d’une ancienne infirmière devenue cadre, aujourd’hui à la retraite et néanmoins très active : « La vraie révolution va être de s’occuper des gens abandonnés de tous et pas seulement de la médecine. ». Ça interpelle.De quoi s’occupe-t-on quand on soigne aujourd’hui dans le circuit balisé du système de la santé publique ? Quel est le soin le mieux reconnu, mais surtout le plus facile à gérer ? La mécanique du corps (pour le dire en parfait béotien). Pas celle de l’esprit, de la psyché. De quoi, donc, pas de qui ! Voilà le problème. Dans le titre d’un livre du professeur Yves Clot, Le travail sans l’homme ? j’ai toujours pensé que la question se référait au rêve d’une industrie qui n’a jamais supporté que le travailleur ait un psychisme. Cet indécrottable bipède ne cesse d’emmerder le monde avec ses états d’âme. Taylor et sa suite avaient bien cherché à le réduire à une pure mécanique corporelle en décomposant ses gestes au travail. Rien n’y a fait. Le bipède nous a sorti ses problèmes de stress, dépressions, burn-out et autres maux de vivre. Pourquoi ne peut-il pas se contenter de la machine osseuse et musculaire de son corps sans se laisser envahir par ce qui se passe dans sa tête ? Il faut dire que certains, scientifiques qui plus est, sont allés jusqu’à démontrer l’existence de ce truc incroyable qu’est la psychosomatique ! Alors, comme on ne peut pas lui couper la tête, on va quand même essayer de faire avec. On va lui proposer des papouilles et tout ira bien ! Le massage de la nuque pendant qu’on bosse devant son ordinateur permettait de belles images qui donnaient envie. Aujourd’hui, certains amateurs ne sont plus de doux rêveurs qu’on pouvait encore situer autrefois dans leurs Mandarom. On peut les identifier. Ils ont repéré les failles d’un système qui brouille la vue et s’organisent. Dit comme ça, ça fait un peu fake news et théorie du complot. Du potentiel sonnant et trébuchant (surtout trébuchant) se profile à l’horizon. Vous allez voir, c’est du grand art. Un exemple parmi tant d’autres : une association composée de médecins et soignants se targue de venir en aide aux professionnels de santé qui souffrent de leurs conditions de travail. Pour convaincre de leurs bonnes intentions au départ, ils ont rapatrié les connaissances structurées par les recherches en psychologie du travail. Sur la base de quoi, ils ont communiqué à tout va. En cinq ans à peine, de colloques en séminaires, de symposiums en conférences et causeries, la structure a su capter l’attention des politiques pourvoyeurs de subventions. Pendant ce temps, un certain marché du soin aux estropiés de l’économie néolibérale ciblait quelques solutions faciles. Il fallait convaincre pour pas cher et développer une communication « aux petits oignons ». Les plateformes d’écoute se mettaient en place. Des reportages montraient la convivialité forcée de groupe de collègues s’exerçant à la gymnastique le matin avec leurs chefs avant de s’asseoir au bureau. Le massage de la nuque pendant qu’on bosse devant son ordinateur permettait de belles images qui donnaient envie. Les Chief Happiness Managers avec leurs corbeilles de croissants et de fraises Tagada paradaient. Bref, les faiseurs de bonheur étaient de sortie. La majorité des propositions pointaient les individus et non les structures qui malmènent les travailleurs et les cassent à coups de management par objectifs, benchmarking, évaluation, lean management, systèmes informatiques etc. Un management qui joint trop souvent l’inutile au désagréable comme le dit si bien Marie-Anne Dujarrier dans son livre Le management désincarné. Les meneurs et les faiseurs de ces dispositifs planent loin du travail réel au service de missions impossibles ou dépourvues de sens. Dans le droit fil de cette absurdité généralisée, dans l’ornière de cette impasse, une association enfle donc comme un bœuf et capte des moyens considérables pour asseoir une crédibilité de façade. Elle vient d’inaugurer un lieu soi-disant au service des soignants. Huit cents mètres carrés au cœur de Paris ! Et qu’est-ce qu’on y trouve ? Des propositions qui ne feraient pas tâche dans l’inventaire à la Prévert des offres de services que nous évoquions au début de cet article. Citons au hasard : « Atelier activité physique, condition de mieux-être. » Il est vrai que pour tenir quand on est soignant, il vaut mieux être en forme. « Atelier gestion du stress » devenu un grand classique. « L’alimentation optimale du cerveau », on ne va pas tarder à faire une prière. Et pour finir en effet : « Atelier mindfulness » ! Je vous épargne l’entier programme. C’est à se jeter par la fenêtre. Prendre soin ne peut pas être une lubie contenue dans de bons sentiments cotonneux. Ça ne peut pas non plus relever d’une approche hard-core au sens : ton-bobo-rentre-dans-une-case et-tais-toi. C’est un peu plus compliqué. C’est d’ailleurs pour ça que le citoyen lambda est perdu dans la forêt des propositions. Tout n’est pas que somatique ou que psychique. On voit bien que dans un univers comme dans l’autre, il est question d’une complexité à déchiffrer et plus personne n’est en mesure de dire aujourd’hui comment sortir de ce misérable foutoir. En résumé, pour le soin répertorié dans les cases de la tarification à l’activité, on impose, on flèche les parcours, on réduit les temps d’attention et on facture. Pour le reste, voyez avec les dispensateurs de papouilles, les gourous du coaching et les sectes qui prient Dieu et ses acolytes. Je crois qu’elle voyait juste l’infirmière à la retraite… Par Lionel Leroi-Cagniart Article paru dans la revue Pratiques Cahiers de la médecine utopique n°95, octobre 2021 : Le patient face au système de soin

  • La médecine du travail au fil de l'Histoire, depuis les pharaons

    Port du masque systématique, télétravail recommandé… La santé des travailleurs est au centre des préoccupations de cette rentrée. Mais cela n’a pas toujours été le cas. De l’Égypte antique au XXe siècle, en passant par l'Antiquité, à quand remontent les prémices de la notion de santé au travail ? Masque, télétravail et gel hydroalcoolique sont de rigueur en cette semaine de rentrée. Pour éviter un rebond de l’épidémie de Covid-19, le ministère du Travail a publié lundi soir un protocole national sur les nouvelles règles sanitaires à respecter pour assurer la sécurité des salariés en entreprise. Salariés à risque de forme grave du virus et entreprises peuvent ainsi "solliciter la médecine du travail afin de préparer le retour en présentiel [...] et étudier les aménagements de poste possibles”. Longtemps limitée voire inexistante, la médecine du travail a fini par s’ancrer au fil des siècles dans le fonctionnement des entreprises. Parent pauvre de la médecine, peu de travaux spécifiques existent sur la notion de santé au travail avant le XXe siècle et l’attrait des historiens pour cette discipline remonte à à peine quelques décennies. Pourtant, la notion de "maladies professionnelles" est aussi ancienne que l’histoire de la médecine. De l’Égypte antique à Ramazzini La médecine du travail remonte même à l’Égypte antique d’après des papyrus provenant de Deir el-Médineh, village où résidaient les artisans chargés de construire les tombeaux et les temples funéraires des pharaons et de leurs proches durant le Nouvel Empire (1550–1070 av. J-C). Selon ces textes, des médecins étaient affrétés par le Pharaon pour veiller à la santé des ouvriers travaillant à la construction des pyramides. De tout temps, les travailleurs ont souvent fait les frais de leur labeur. Ainsi, durant l’Antiquité, le célèbre médecin Hippocrate (460-env. 370 av. J.-C.), qui a notamment permis de poser les fondements de la médecine moderne, repère la nocivité du plomb via les violentes coliques des ouvriers métallurgistes. Certaines professions ont bien tenté de se protéger. Preuve en est : l’ancêtre du masque chirurgical remonterait au début de l’Empire romain écrit l’archéologue Patricia Antaki-Masson dans Libération : C’est au fond des mines espagnoles de cinabre qui fournissaient le mercure à l’ensemble de l’Empire romain que l’emploi d’un masque protecteur est attesté pour la première fois. Selon le médecin et naturaliste grec, Dioscoride, les mineurs, afin de se protéger des vapeurs toxiques, avaient recours à des vessies animales dont ils se couvraient le visage. Si les maladies liées au travail dans les mines sont progressivement documentées par les médecins au fil des siècles, l’ouvrage qui fera longtemps référence dans le domaine est attribué au médecin italien Bernardino Ramazzini (1633-1714). Son Traité des maladies des artisans (De morbis artificum diatriba, publié une première fois en 1700 puis réédité en 1713), traduit en plusieurs langues au XVIIIe siècle, fera de lui le précurseur de la médecine du travail et le fondateur de l’hygiène professionnelle pour de nombreux acteurs du domaine de la santé. Ramazzini identifiait alors les deux principales causes des maladies préfigurant l’étiologie moderne : la mauvaise qualité des agents chimiques voire biologiques utilisés, et les mouvements violents, irréguliers, ou mauvaises situations des membres induites par le travail. Il y a beaucoup de choses qu’un médecin doit savoir, soit du malade, soit des assistants ; écoutons Hippocrate sur ce précepte : "Quand vous serez auprès du malade, il faut lui demander ce qu’il sent; quelle en est la cause, depuis combien de jours, s’il a le ventre relâché; quels sont les aliments dont il a fait usage." [...] mais qu’à ces questions il me soit permis d’ajouter la suivante : quel est le métier du malade ? Bernardino Ramazzini, Préface du Traité des maladies des artisans Cependant, au regard des travaux historiques du XXIe siècle, la position de précurseur de Ramazzini est nuancée par certains spécialistes comme Julien Vincent, maître de conférence en histoire des sciences à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Dans son article Ramazzini n'est pas le précurseur de la médecine du travail publié en 2012 dans la revue Genèses, ce dernier estime que la médecine du travail est située "à la rencontre de différents savoirs comme la toxicologie, l’ergonomie, l’épidémiologie, la médecine légale, la statistique, la psychologie, ou encore l’étude de l’organisation du travail" et est le résultat "d’un compromis entre le corps médical, l’État social, le mouvement ouvrier et les entreprises". En outre, il apparaît plus clairement aujourd’hui qu’une pluralité de modèles pour penser le lien entre maladie et profession se sont succédé au cours de la période contemporaine. Avant la médecine professionnelle, l’hygiène industrielle, la medicina sociale, la industrial medicine et la Gewerbehygiene s’imposèrent, qui comportaient elles-mêmes plusieurs modèles hygiénistes en concurrence. Or ces différents savoirs, acteurs et dispositifs ont chacun des histoires singulières, qui offrent autant de points de vue différents sur l’histoire de la médecine et sur la place qu’y occupe le traité de Ramazzini. À mesure que ces travaux avancent, il paraît de plus en plus difficile d’assigner une origine unique à ce domaine médicolégal aux ramifications multiples. Julien Vincent, historien Voir les illustrations,consulter les podcasts et lire la suite, "La reconnaissance de la santé au travail : une lutte des classes", sur le site de France Culture.

  • Lu : Histoire de la relation médecin-malade.

    Analyse autour des concepts d’information, de consentement et d’autonomie du patient Article paru dans la revue Pratiques Cahiers de la médecine utopique n°95, octobre 2021: Le patient face au système de soin Histoire de la relation médecin-malade. Analyse autour des concepts d'information, de consentement et d'autonomie du patient, sous la direction de Élodie Petitjean et Olivier Petitjean, éditions L’Harmattan. 2018, 1 077 pages, 1,586 kg. C’est du lourd ! Voilà un ouvrage de la collection Éthique et pratique médicale qui vaut son pesant. 1,585 kg ! Plus de mille pages pour un coût de 70 €. Triviale entrée en matière, j’en conviens. Mais c’est bien ce qui frappe lourdement quand on ouvre l’emballage. Pour aborder le thème de ce numéro 95 « L’humain face au système de soin », le titre m’avait paru tout indiqué : Histoire de la relation médecin-malade. Analyse autour des concepts d’information, de consentement et d’autonomie du patient aux éditions l’Harmattan, paru en 2018 et encore d’actualité. J’aime bien l’idée de remonter le fil de l’histoire pour comprendre comment la médecine pourrait être une science presque comme les autres, si elle n’avait pas à rendre compte quotidiennement à celles et ceux qui la sollicitent, avec ses hésitations, ses égarements, ses tentatives de domination et ses périodes de contrition. Sous la direction d’Élodie et Olivier Petitjean, les contributeurs de cet ouvrage analysent les évolutions du droit, recueillent des témoignages, posent des questions relatives à l’éthique et tentent de discerner ce qui est en jeu dans la relation entre le malade et son médecin, l’inverse étant valable. Une première partie se penche sur la jurisprudence et la loi à propos d’informer et de consentir. Dans une deuxième partie, les auteurs s’évertuent à décrire la réalité clinique ou le difficile cheminement du principe de décision médicale partagée. Différents modèles de relation médecin-malade sont déclinés à travers les âges. Une réflexion historique donc sur l’évolution du sens et de la nature (déontologique, juridique, éthique) des principes cardinaux de la relation patient-médecin que sont l’information, le consentement et l’autonomie comme l’écrit la professeure de droit public Stéphanie Hennette-Vauchez qui préface ce livre, en compagnie du professeur des universités François Bricaire. Elle poursuit en affirmant que si l’information doit être adaptée au patient, il ressort que de ce « jeu », ce delta entre la notion abstraite d’information et la réalité concrète dans laquelle elle se traduit, toutes sortes de maladresses, stéréotypes et rapports de domination peuvent trouver leur place. Le professeur Bricaire relève pour sa part que l’évolution de la société a obligé à revoir complètement la relation médecin-malade. Le patient est devenu demandeur d’explications et a fait du médecin un prestataire à qui l’on peut demander des comptes. Le clinicien infectiologue a trouvé dans le vécu de l’infection due au VIH l’illustration la plus démonstrative en la matière, une période pendant laquelle l’occasion a été donnée de revivre toute l’histoire de la relation médecin-malade, passant d’une prise en charge paternaliste qu’imposait selon lui l’absence de thérapeutique à une démarche qui mettait le patient au centre de la décision thérapeutique. Le malade s’est mis à « exiger » de l’information, de la reconnaissance et de la prise en charge. Cela a entraîné une transformation sociétale du regard sur l’homosexualité, sur l’utilisation du préservatif, sur l’emploi des brevets par l’industrie vis-à-vis des pays pauvres, dans l’accès au soin et sur la distribution de ces médicaments aux populations en difficulté. Des éléments acquis grâce à la combativité et à la ténacité des malades et de médecins contribuent à construire de nouvelles relations médecin-malade. Et de conclure : « Aujourd’hui où la technologie et les facilités d’investigations ont tendance à réduire l’importance pourtant essentielle de la clinique, à appauvrir le dialogue entre le malade et son médecin, on ne saurait trop insister sur le risque de voir les modalités de prise en charge l’emporter sur l’échange relationnel ». Élodie et Olivier Petitjean, à l’origine de cet ouvrage didactique, s’appuient sur des exemples concrets, une jurisprudence abondante et font une place au débat encore d’actualité entre respect de l’autonomie du patient et médecine paternaliste dans un contexte qui est celui de la difficulté qu’il y a pour le médecin à transmettre son savoir et parfois, tout simplement, à dialoguer avec son patient. Après le Sida, le coronavirus semble remettre sur le métier des interrogations. Sans parler de ces nouvelles technologies qui mettent à distance au nom d’une efficacité, il paraît… Lionel Leroi-Cagniart Article paru dans la revue Pratiques Cahiers de la médecine utopique n°95, octobre 2021: Le patient face au système de soin

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